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Djama Elmi God, painter from Djibouti

posted Thursday, 2 June 2005

To represent Djibouti, one of the 55 African Countries in my project, I had to chose Djama Elmi God. The painting above represents the sal gathering workers from the shores of lake Assal, in Djibouti. Djama El God died in 1996. A story of his life has been published by the newspaper La Nation, that I post below (in French, sorry, but I can translate if anybody asks ;-)). He is recognized in Djibouti as one of the great artists of the country. To express just how important he is, the first art gallery in the country, opened in 1994 in , will bear his name (God Gallery).

Djibouti is a very small French speaking country, born in 1977 from colonial France. From its birth till 1999, the country was ruled by dictator Hassan Gouled Aptidon. A civil war ended in a peace agreement in 1999. Djibouti is now ruled by Apyidon's nephew. Early this May, Ismail Omar Guelleh was "elected" for a second term: "Guelleh won 100 percent of the votes cast in a one-man race on 8 April". Djibouti is strongly attached to France, its former colonial power, and to the new coming influence, the USA: Djibouti hosts the only American military base in Africa, just at the entrance of the Red Sea. The country is better off from this alliance, but obviously not enough: 100 out of every 1000 newborns die, the average life expectancy is 43! And just 2 weeks ago the Famine Early Warning System said that  about 5000 MT of food are necessary to help 47,000 people affected by the recent droughts.

A great, great private photo collection here, taken by a couple of IFESH volunteers teaching in Djibouti.

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Et si God m'était conté

Djama Elmi God est né dans un campement nomade, en brousse, à Dourdour-Ka-Ad (Traduit : La rivière blanche), dans la localité rurale de Mirir, bled du Nord-est de la Somalie ou actuel Somaliland. " Il est né un vendredi, j'avais, moi, 40 ans à l'époque ", se souvient nostalgique ment le père de l'artiste, Elmi God Barreh âgé aujourd'hui d'environ 97 ans. Ce sera ainsi le troisième garçon qu'aura à cette époque le père God. En fin de compte, celui-ci  n'aura aucun enfant de sa première épouse qu'il divorcera, mais la mère de Djama, notre artiste, le récompensera en lui donnant 7 enfants, 3 filles et 4 garçons. Le futur-artiste-peintre de renom Djama Elmi God est le troisième de cette fratrie, dont actuellement en 2004, il n'en reste en vie que le benjamin, dernier-né de la famille, avec une descendance de 10 gosses. 

Une petite enfance passée dans son campement nomade de naissance

Dès sa naissance et jusqu'à l'âge de quatre ans, le petit Djama, que rien ne prédestinait encore à cette vocation d'artiste peintre qu'il maîtrisera d'une main de maître beaucoup bien plus tard à l'âge adulte, demeura auprès de sa mère. Son père, lui, apparaissait périodiquement ;  il passait la plupart de son temps en Ethiopie où il détenait une échoppe, activité commerciale qui lui permettait de subvenir modestement à sa petite famille restée au campement, dans son pays d'origine. En attendant, Djama passait son temps en sculptant des chameaux et des animaux avec l'argile qu'il ramassait près d'un puits. Certes comme tout enfant façonne de la pâte à modeler, mais le petit Djama, déjà, à cet âge y mettait un certain art vite remarqué. 

 Une première scolarité à l'école coranique, en Ogaden

C'est à 4 ans, bambin mais déjà intellectuellement doué, que Djama Elmi God, le futur créateur artistique hors-pair qui éblouira de son génie des générations d'hommes et de femmes d'ici et d'ailleurs, suivit son père dans l'Est de la province de Jig-Jiga, région de l'Ogaden sous administration éthiopienne, où il s'établira pour y recevoir une première instruction scolaire en langue arabe, en suivant les traditionnelles étapes de l'école coranique. Un cursus qu'il acheva d'ailleurs avec réussite et la distinction de " meilleur élève " oralement témoignée par ses différents enseignants. Ce qui fit la fierté de son père, à tel point que celui-ci, extrêmement réjoui de la performance méritoire de son fils, offrit, en guise de reconnaissance, une chamelle au dernier maître d'école ayant pris en charge la scolarité de son petit Djama qui devait avoir en cette période de sa vie, environ 14 ans. Fait du hasard ou choix volontairement symbolisé peut-être, toujours est-il que l'enseignant reçut une chamelle âgée de … quatre années. Et 4 ans, c'est bien l'âge qu'avait Djama en quittant pour la première fois son campement nomade de la Somalie pour se rendre et vivre durant près d'une décennie en Ethiopie. 

 Pour l'amour de son père, il caressait un vieux rêve

De cette période d'enfance de Djama Elmi God, passée auprès de son père entre l'école coranique et l'échoppe de son paternel, le vieux père de l'artiste disparu nous rapportera l'agréable souvenir d'un enfant qui quand son père quittait la boutique et la lui confiait, le gosse " piquait quelques sous dans le tiroir-caisse " pour ensuite les lui remettre intégralement en rentrant, tout en déclarant fièrement " Tiens papa, j'ai trouvé ça par terre, prends-le c'est pour toi ". " Papa ! ", un mot que Djama Elmi God n'hésitait jamais à prononcer en appelant son propre père, même adulte, marié et père à son tour, nous confie le vieux Elmi.

Pour le père de l'artiste défunt, l'anecdote de la boutique s'explique car son fils Djama lui disait toujours, et cela même jusque avant sa mort, " Si Dieu le veut et tant que je vivrai, j'ai un vieux rêve que je voudrai exaucer : celui de construire pour toi une belle maison ! " Malheureusement, nous dit tristement le père God, " il n'a jamais eu assez d'argent pour réaliser son souhait ". 

 Les ennuis du père God

Mais comme à tout événement heureux peut toujours succéder quelques difficultés de parcours, on ne sait jamais ce que peut nous réserver la vie d'ici-bas où rien n'est éternel, et il est vrai que dans cette vie l'on peut sourire comme l'on peut aussi pleurer, un jour la vie est belle et un autre jour c'est la morosité, et ainsi de suite.

C'est ainsi que quelques mois plus tard, le père de Djama, envisageant de retourner chez lui dans son pays d'origine, pour s'y installer définitivement, et cherchant au préalable à se renseigner sur la situation qui prévalait là-bas, remit à un émissaire une lettre adressée à ses proches et amis résidant encore en Somalie. Ce message fut intercepté et mal interprété par les autorités éthiopiennes de l'époque, ce qui valut une sévère peine de prison au père de Djama, ainsi que la confiscation de son commerce et de ses biens. Ce dernier étant accusé d'une certaine prise de position politique, compte tenu du litige et de la tension guerrière existant entre l'Ethiopie et la Somalie à propos de l'Ogaden. " C'était en 1960, lors de la proclamation de l'indépendance de la Somalie ", se souviendra amèrement le paternel de notre artiste national. 

 De Dire-Dawa à Hargeisa, les premiers coups de crayon

Cette mésaventure vécue par son père a fait que Djama soit confié à un cousin plus âgé que lui, Houssein Kalinlé God qui l'emmena vivre en sa compagnie à Dire-Dawa, la ville ferroviaire du plateau éthiopien du Harar. C'est durant ce séjour que Djama apprit l'anglais dans une des écoles de la ville.

Puis, quelques temps après, le père God s'enfuit de prison et s'installa à Hargeisa où son fils le rejoignit. Djama y poursuivit ses études primaires et secondaires. " Il était très doué et faisait le bonheur de ses profs, c'est également à cette époque qu'il commença à dessiner sérieusement ", nous dit son vieux père en fouillant dans ses souvenirs. C'est également au cours de cette période, ajoute-t-il, que Djama " brossa mon portrait au crayon, et je fus étonné de voir pour la première fois mon visage sur un papier. Les nomades que nous étions, vous savez, n'avions pas encore l'habitude… ". 

 L'Italie et l'Académie des Beaux-arts

Plus tard, c'est étant jeune adulte et provenant d'une famille aux ressources financières très modestes, que Djama Elmi God, prenant de plus en plus goût à l'art du dessin et de la peinture artistique, a décidé de perfectionner ce don qu'il détenait et qu'il voulait maîtriser entièrement.

Avec quelques tableaux vendus à Hargeisa et quelques autres menus travaux effectués par ci et là, Djama, s'est débrouillé tout seul pour se rendre en Italie et suivre les cours de l'Académie des Beaux-arts où il obtint un diplôme de sculpture. Selon quelques amis intimes, c'est également dans ce soucis de perfection que notre homme séjourna en Russie pour approfondir ses connaissances en la matière. 

 Djibouti, la ville qui a fait sa notoriété artistique

Après toutes ces années d'études à l'étranger, Djama Elmi God, de retour en Somalie, s'installa d'abord à Mogadiscio où il exerça en qualité de caricaturiste dans différentes organes de presse de la capitale somalienne.

Puis, dès l'acquisition de l'indépendance de la République de Djibouti, Djama Elmi God quitta Mogadiscio pour élire définitivement domicile dans la capitale djiboutienne où il résida au tout début parmi des proches parents. Son père l'y rejoignit quelques années plus tard.

A Djibouti,  petit à petit, par son génie et son art, il s'imposa en maître, et acquis graduellement une notoriété artistique grandissante, dépassant au fil du temps les frontières nationales.

Il fut, depuis 1984, professeur de dessin d'art au LEP, puis toujours dans ce même collège d'enseignement professionnel quand l'école changea de nom pour s'appeler le LIC. Entre-temps, Djama exécuta une multitude d'affiches, de panneaux d'enseigne et autres tableaux pour le compte de différents services publics et privés.

En témoignent aussi ces autres tableaux que chacun a pu contempler lors de diverses manifestations culturelles ou officielles, tel que par exemple celui sur la sécheresse, dédié au sommet de l'IGAD. 

 De nombreuses œuvres et un grand nombre d'artistes peintres formés par God

Djama avait conçu de nombreuses maquettes philatéliques pour La Poste de Djibouti, contribuant ainsi à la promotion du pays, de sa culture et de ses richesses naturelles. C'est également lui qui avait réalisé la maquette de la grande statue qui orne l'esplanade du Palais du peuple et avait dans le même temps œuvré au sein du journal " La Nation ", pour lequel il fut à la fois le concepteur et l'animateur de la rubrique " Samireh ". 

Après sa mort, l'animation de cette rubrique qu'il avait créée fut durant un certain temps confiée à Hassan Ali, un élève à l'époque que le grand maître God avait formé et orienté. Tel que ce dessinateur, ou encore Amin Amir l'actuel peintre de bien connu, nombreux sont les présents artistes auxquels Djama Elmi God a inculqué l'art de la peinture et du dessin. 

 La consécration internationale

En 1985, Djama Elmi God avait participé à un concours international d'affiches organisé dans le cadre du 40ème anniversaire de l'Onu. Parmi les centaines d'œuvres présentées, une poignée de candidat seulement fut sélectionnée et retenue pour l'exposition. Une poignée d'artistes peintres du monde entier parmi lesquels figurait en bonne position l'artiste djiboutien God. Ce fut certes un grand honneur rendu à la nation, comme ce fut aussi la consécration internationale de notre artiste national. 

 “Adieu l'artiste”, tu as fait beaucoup pour Djibouti

Djama Elmi God se maria en 1983 à Djibouti et eut son premier enfant, un fils, en 1988. Il avait vécu jusqu'à sa mort en 1996, en compagnie de sa seule épouse et mère de ses 9 enfants, 3 filles et 6 garçons.

" L'artiste au pinceau magique ", comme on l'appelait de son vivant, est décédé subitement un soir du dimanche 8 décembre 1996, " il s'est retiré sur la pointe des pieds, presque en catimini ", avait écrit quelques jours plus tard notre ami Ibrahim Miyir, dans son article intitulé " Adieu l'artiste ", rendant hommage à titre posthume au grand maître djiboutien de la peinture artistique.

 

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